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Forum INCYBER Canada 2025 : la souveraineté numérique au cœur de la cybersécurité
Une ouverture tournée vers l’action collective
La cheffe du Centre de la sécurité des télécommunications (CST), Caroline Xavier, a donné le ton d’emblée : « Investissez, investissez, investissez en cybersécurité : c’est un impératif de résilience nationale et économique. »
Elle a exhorté les organisations publiques et privées à aller au-delà de la conformité réglementaire, en intégrant les principes du security by design et de la formation continue. Pour la dirigeante du CST, la cybersécurité ne relève plus d’un simple volet technique : elle constitue une composante de la sécurité nationale au même titre que la défense ou la santé publique.
Son message s’adressait aussi aux dirigeants présents dans la salle : la résilience ne se décrète pas, elle s’anticipe et s’investit.
Coopération et alliances : le Québec en mouvement
Parmi les temps forts de la plénière, Gilles Bélanger, ministre québécois de la Cybersécurité et du Numérique, a détaillé les collaborations en cours entre les différents niveaux de gouvernance. « La coopération se concrétise : du fédéral aux provinces jusqu’à la Belgique, on partage méthodes CSIRT, forensique et formations pour muscler notre défense. »
Le ministre a confirmé la signature imminente d’un accord opérationnel avec le Centre de cybersécurité de Belgique, portant sur le partage d’informations anonymisées, l’investigation numérique et les échanges de formation. Une manière concrète de faire du Québec un carrefour d’expertise et de coopération dans le domaine cyber.
Ce dernier a également souligné le paradoxe de l’intelligence artificielle, à la fois levier de défense et facteur de vulnérabilité, plaidant pour une gouvernance responsable de l’IA dans les administrations publiques.
La cybersécurité, pilier de stabilité nationale
Jacques Ramsay, Secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, replace le débat dans une perspective plus large, celle de la souveraineté et de la stabilité institutionnelle. « La cybersécurité n’est plus un sujet de niche : elle est fondamentale pour la souveraineté, l’économie et la stabilité. »
Depuis 2018, le Canada a investi plus de 4,8 milliards de dollars dans le renforcement de ses capacités cyber. Le projet de loi C-8, actuellement en cours d’examen, vise à renforcer la protection des infrastructures critiques et à imposer de nouvelles obligations de signalement des incidents.
Pour le gouvernement canadien, la cybersécurité est désormais considérée comme une composante essentielle de la sécurité nationale — un tournant institutionnel majeur.
La sécurité transatlantique, une responsabilité partagée
Krzysztof Gawkowski, vice-premier ministre de Pologne a lui apporté une perspective européenne et géopolitique à la discussion, rappelant l’importance de l’alliance entre démocraties face aux menaces hybrides et informationnelles. « La sécurité transatlantique ne se construira pas seule — à nous de mener le changement. »
Dans un contexte de tensions régionales et de guerre informationnelle, la Pologne plaide pour une solidarité numérique accrue entre partenaires européens et nord-américains. Une approche que partage le Forum INCYBER, dont la vocation est justement de faire dialoguer les écosystèmes publics et privés à l’échelle internationale.
L’industrie comme acteur de souveraineté
Représentant le secteur privé, Estelle Azemard, vice-présidente Amériques d’OVHcloud, a rappelé que la souveraineté numérique ne peut exister sans autonomie technologique. « Se défendre contre les attaques, ce n’est qu’une partie de l’histoire : assurer sa sécurité, c’est aussi assurer sa souveraineté. »
Pour OVHcloud, la souveraineté passe par trois piliers : des données hébergées sous juridiction locale, des technologies ouvertes et réversibles, et une gouvernance opérationnelle indépendante. L’entreprise, seul hyperscaler mondial non soumis à des législations extraterritoriales comme le Cloud Act, revendique une approche européenne de la cybersécurité, fondée sur la transparence et la confiance.
Une première journée riche en signaux forts
Au-delà des discours, cette première journée a mis en lumière la vitalité d’un écosystème canadien en pleine structuration. Le Prix Startup du Forum a récompensé Cyberdefense.ai et Mindshield Institute, deux jeunes pousses qui incarnent la relève en matière d’innovation cyber : l’une dans la détection prédictive des menaces, l’autre dans la formation comportementale et la sensibilisation.
Le petit-déjeuner des Femmes de la Cyber a, quant à lui, ouvert la journée sur une note d’engagement et d’inspiration, illustrant la diversité croissante des profils qui façonnent le secteur.
Un écosystème en phase de maturité
En réunissant décideurs publics, experts, entrepreneurs et responsables de la sécurité numérique, le Forum INCYBER Canada confirme sa place de carrefour stratégique de la cybersécurité en Amérique du Nord.
Entre appels à l’investissement, à la coopération internationale et à la responsabilisation technologique, cette première journée aura posé les bases d’un consensus fort : la cybersécurité n’est plus seulement un enjeu de défense, mais un pilier de souveraineté collective.Comme l’a si bien résumé Caroline Xavier : « La cybersécurité n’est pas seulement un défi technique : c’est un impératif de sécurité nationale et économique. »
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