Rançongiciel : un négociateur manipulait ses clients pour gonfler les rançons
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Le ministère de la Justice (DoJ) des États-Unis a publié, le 13 mars 2026, l’acte d’accusation d’Angelo Martino, expert dans la négociation de rançons avec les groupes cybercriminels. Il est soupçonné d’avoir aidé le gang de ransomware ALPHV/Black Cat, aujourd’hui dissous, à obtenir des rançons plus élevées. Il est également accusé d’avoir ensuite mené lui-même plusieurs attaques, avec l’aide de deux autres experts cyber.
Les procureurs ont identifié cinq cas où Angelo Martino « a donné des instructions et fourni des informations confidentielles sur ses clients aux cybercriminels, afin de maximiser le montant de la rançon, en échange d’une partie de celle-ci ». Quatre de ces situations ont permis à ALPHV/Black Cat d’encaisser des rançons de 26 millions, 25 millions, 16 millions et 6 millions de dollars (22,6, 21,8, 14 et 5,2 millions d’euros).
Angelo Martino s’est rendu aux forces de l’ordre le 10 mars 2026 et a été libéré sous caution, avec interdiction d’exercer dans la cybersécurité. Ses deux complices, Ryan Goldberg et Kevin Martin, ont plaidé coupables en décembre 2025 d’avoir mené dix attaques avec le rançongiciel ALPHV/Black Cat, aux côtés d’une troisième personne à l’époque inconnue. Une seule de ces attaques a conduit au versement d’une rançon, d’un montant de 1,2 million de dollars (un million d’euros).
Angelo Martino et Kevin Martin étaient négociateurs de rançons pour DigitalMint, Ryan Goldberg travaillait pour la société de gestion des incidents Sygnia. La peine des deux derniers sera prononcée le 30 avril 2026. Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison.