Fondée par Davy Douhine au sein de RandoriSec, Shindan développe une solution capable de détecter la compromission d’un smartphone sans accéder aux données personnelles de son utilisateur. Une promesse forte, pensée d’abord pour les VIP et les environnements sensibles, avec l’ambition assumée de s’ouvrir demain au grand public.

Les téléphones mobiles sont devenus des postes de travail à part entière. Pourtant, dans nombre d’organisations, ils restent un angle mort de la cybersécurité. Antivirus, EDR, supervision réseau… tout est instrumenté côté postes fixes et serveurs. Mais le smartphone du membre du COMEX, lui, circule d’un pays à l’autre, se connecte à des réseaux Wi-Fi d’hôtels, passe des frontières, et concentre des données stratégiques.

C’est sur cette faille structurelle que s’est positionnée Shindan, solution développée par RandoriSec, société fondée par Davy Douhine. À ses côtés, Cyril Katz pilote les volets commerciaux et marketing. Ensemble, ils défendent une approche singulière de la “levée de doute” appliquée au mobile.

Détecter sans voir, analyser sans saisir

Shindan se définit comme un outil de levée de doute. Sa mission est simple en apparence : déterminer automatiquement si un téléphone est compromis ou non.

Le spectre est large. Des spywares “haut de gamme”, aux stalkerware déguisés en contrôle parental. Et puis il y a les zones grises : un téléphone hors de vue à la douane, ou un Wi-Fi d’hôtel qui laisse des traces.

La singularité de Shindan tient à sa méthode. Là où les approches traditionnelles nécessitent la récupération physique du téléphone et l’accès à l’intégralité de ses données, la solution développée par RandoriSec fonctionne sans réquisition du terminal et sans accès aux contenus personnels.

Concrètement, Shindan s’appuie sur l’analyse de données système déjà présentes sur les environnements Android et iOS. Ces journaux, généralement utilisés à des fins de débogage, contiennent des traces techniques exploitables pour détecter d’éventuels comportements anormaux. Les équipes ont consacré d’importants travaux de R&D à la compréhension de ces fichiers et à la modélisation des interactions entre attaques mobiles et artefacts système.

Résultat ? Une capacité de détection à distance, annoncée comme 200 fois plus rapide et 50 fois moins coûteuse que les approches nécessitant une expertise forensique classique sur terminal saisi.

À ce stade, Shindan se positionne comme l’un des rares acteurs européens sur ce créneau, avec un concurrent identifié aux États-Unis.

Un outil pensé pour les dirigeants et les environnements sensibles

Le marché adressé est aujourd’hui clairement B2B, avec une forte orientation vers les profils à risque. Membres de comités exécutifs, dirigeants exposés, cadres voyageant fréquemment, mais aussi acteurs du secteur public. L’équipe évoque également un positionnement B2G (Business to Government).

Le cas d’usage le plus parlant reste celui du dirigeant en déplacement à l’étranger. Les recommandations officielles préconisent souvent l’usage d’un “téléphone blanc”, un terminal dédié au voyage. Dans la pratique, cette consigne est peu suivie, en raison de la perte des contacts et d’une certaine complexité logistique et opérationnelle.

Shindan propose une alternative. Avant le départ, pour vérifier l’intégrité du terminal. Pendant le voyage, en cas de comportement suspect – batterie qui se décharge anormalement, applications instables. Au retour, pour lever tout doute après un passage en zone à risque.

Deux modèles commerciaux structurent l’offre. Un abonnement annuel par utilisateur, permettant des scans illimités d’un téléphone et d’une tablette à distance. Une version on-premise, Shindan Desktop, est également disponible, installée directement sur un poste ou un serveur. Cette offre permet d’analyser un nombre illimité de terminaux via une connexion USB.

Au-delà de la technologie, RandoriSec revendique un impact plus large. Permettre aux dirigeants de sécuriser leurs usages sans confier leurs données personnelles à un tiers, interne ou externe. Rassurer sans intrusivité. Offrir un outil adapté à un maillon longtemps négligé de la chaîne de sécurité.

La jeune entité, qui compte 11 collaborateurs dédiés à Shindan au sein des 52 employés de RandoriSec, affiche des ambitions mesurées, mais soutenues. Après une première année marquée par une croissance mécanique de 1000 %, l’objectif pour l’exercice en cours est de doubler l’activité. Un financement non dilutif d’environ un million d’euros, obtenu auprès de Bpifrance et de leur banque historique, a permis de consolider la trésorerie.

À cinq ans, deux axes structurent la feuille de route. L’ouverture au marché B2C, déjà sollicitée par des utilisateurs indépendants et l’enrichissement de la plateforme par des outils complémentaires afin de couvrir la sécurisation du parc mobile de bout en bout.

Shindan, qui signifie “diagnostic” en japonais, s’inscrit dans la continuité de RandoriSec, référence à une pratique d’art martial. Une métaphore assumée. Se préparer à des attaques venant de toutes directions, sans perdre en maîtrise.

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