Le logiciel-espion israélien Pegasus peut faire l’objet de poursuites pénales aux États-Unis
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Une cour d’appel de Californie a jugé, le 8 juillet 2025, que la justice américaine pouvait statuer sur le piratage du média d’investigation salvadorien El Faro par le logiciel-espion Pegasus. L’utilisation de serveurs américains par NSO Group, l’éditeur israélien du spyware, établit un lien territorial suffisant pour permettre un jugement aux États-Unis. Cette décision annule le rejet initial, prononcé par un tribunal californien, de la plainte déposée par El Faro.
Entre 2020 et 2021, Pegasus a en effet infecté les téléphones d’au moins 22 membres du média, alors qu’ils enquêtaient sur des sujets sensibles liés au gouvernement salvadorien. Le spyware israélien est au centre de nombreux scandales liés à l’espionnage illégal de journalistes, d’activistes politiques ou de membres de la société civile, le plus souvent par des gouvernements.
El Faro réclame notamment que la justice américaine oblige NSO Group à révéler le nom du commanditaire du piratage et à supprimer toutes les données ainsi collectées. Ce procès pourrait être le premier à mettre en cause pénalement NSO Group aux États-Unis pour les pratiques d’espionnage de Pegasus.
Certes, l’éditeur israélien a été condamné à verser 167 millions de dollars de dommages et intérêts à Meta, en mars 2025. Mais cette affaire, jugée au civil, portait uniquement sur le piratage de 1 400 comptes WhatsApp, et non sur l’espionnage et la collecte illégale de données qui en avait résulté.