Malgré des chercheurs reconnus, des startups innovantes et un écosystème dynamique, l’Europe reste largement dépendante de solutions de cybersécurité étrangères. Comment expliquer ce décalage ? Dans cet épisode d’INCYBER Voices, Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus Cyber, revient sur les blocages qui freinent l’émergence de champions européens et sur le rôle que le Campus Cyber entend jouer pour structurer le marché, rapprocher les acteurs et transformer la souveraineté numérique en véritable levier économique.

Dans ce nouvel épisode du podcast INCYBER Voices, Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus Cyber, revient sur un paradoxe persistant dans la cybersécurité européenne : malgré un vivier de talents, des centres de recherche reconnus et un tissu dynamique de startups, l’Europe peine encore à faire émerger des acteurs capables de rivaliser à l’échelle mondiale.

Installé à La Défense, le Campus Cyber rassemble aujourd’hui plus d’une centaine d’organisations issues de l’ensemble de l’écosystème : startups, PME, grands groupes, services de l’État, établissements de formation et laboratoires de recherche. L’ambition est de créer un espace où ces acteurs peuvent se rencontrer, collaborer et accélérer leurs projets.

Mais pour Joffrey Célestin-Urbain, le principal défi n’est pas seulement technologique ou financier. Il tient aussi aux habitudes d’achat et à la perception du risque. Dans de nombreuses organisations, les solutions étrangères sont encore perçues comme des choix plus sûrs, alors même que des alternatives françaises et européennes existent.

Le rôle du Campus Cyber consiste justement à réduire ce fossé entre l’offre et la demande. En réunissant les différents acteurs de la filière au même endroit et en multipliant les initiatives de collaboration, le campus cherche à favoriser la connaissance mutuelle et à faire émerger des relations de confiance qui peuvent se transformer en partenariats concrets.

L’enjeu devient encore plus stratégique avec l’arrivée de la directive NIS2. Celle-ci va élargir considérablement le nombre d’entités concernées par les obligations de cybersécurité, passant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’organisations en Europe. Pour accompagner cette montée en puissance, le Campus Cyber et son réseau de campus territoriaux travaillent à structurer une véritable interface entre les besoins des entreprises et les solutions proposées par l’écosystème.

Au-delà de la conformité réglementaire, l’échange revient également sur la question de la souveraineté numérique. Selon Joffrey Célestin-Urbain, continuer à dépendre massivement de solutions étrangères comporte un coût souvent invisible : celui de la dépendance stratégique. Un coût qui n’apparaît pas toujours dans les décisions d’achat, mais qui pèse sur le long terme.

Pour changer d’échelle, il plaide pour une approche plus collective : renforcer les collaborations entre acteurs publics et privés, mieux structurer le marché européen et donner aux entreprises locales les conditions nécessaires pour grandir sans quitter l’Europe.

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