Dans un monde marqué par des tensions croissantes — guerre aux portes de l’Europe, redéfinition de l’ordre économique via la politique des droits de douane, concurrence industrielle exacerbée par les géants asiatiques, dépendance technologique vis-à-vis des   7 magnifiques (GAFAM + Tesla et Nvidia) du numérique — l’Europe se retrouve en position de vulnérabilité. Ce contexte international met en lumière l’urgence pour l’Union européenne de défendre ses intérêts, notamment dans le domaine technologique. L’autonomie stratégique devient un impératif, non plus théorique mais concret. Deux voies s’offrent alors dans le numérique : restreindre les technologies étrangères par la régulation, et/ou investir massivement pour bâtir des alternatives crédibles. 

L’Europe est à la croisée des chemins. Soit elle choisit l’innovation, l’investissement et l’ouverture stratégique. Soit elle s’enferme dans une logique de repli technologique et règlementaire, au risque de perdre la bataille de la compétitivité. A force de vouloir tout réglementer, l’Europe risque de jouer contre elle-même. Car la souveraineté numérique ne se décrète pas à coups de norme ou de slogans. Elle se construit. Et pour cela, il faut investir. Massivement.

C’est cette voie de l’investissement que j’appelle de mes vœux. Chez Inetum, nous faisons le choix du pragmatisme : la souveraineté numérique n’est pas un dogme. Elle est un outil, pas une fin.

Nous devons composer avec une réalité de bon sens : toutes les entreprises ne sont pas concernées par ces enjeux de la même manière : 

  • Dans les secteurs régulés – banque-assurance, santé, énergie, transport critique, OIV/OSE, ministères, collectivités, justice, défense – le numérique de confiance n’est plus une option. Il s’impose comme une exigence de conformité (RGPD, NIS2, HDS, eIDAS, doctrine “Cloud au centre”) et un levier de maîtrise des risques. Il engage directement la continuité de service et, parfois, la souveraineté de l’État lui-même.
  • Mais dans bien d’autres cas, refuser les meilleures technologies sous prétexte qu’elles ne sont pas européennes, c’est ralentir notre économie. Nos clients, publics comme privés, nous le disent sans détour : ils veulent des solutions performantes, fiables, disponibles maintenant. Pas dans cinq ans.

La vraie souveraineté, c’est la capacité à choisir. Et pour cela, il faut des alternatives crédibles. Cela suppose de soutenir nos champions technologiques – Mistral AI, OVHcloud, DeepL, etc. – non pas avec des subventions, mais avec un cadre fiscal et réglementaire qui favorise leur croissance. Il nous faut trouver des leviers concrets pour attirer les capitaux, retenir les talents et structurer un écosystème compétitif.

Dans ce contexte, Inetum revendique une souveraineté numérique européenne ambitieuse, mais lucide. Notre forte présence française et européenne nous donne une responsabilité : celle de contribuer à l’émergence d’un numérique européen compétitif, interopérable et souverain. Cela implique pour nous, en tant qu’ESN, et avec nos Clients, de : 

  • Cartographier avec chaque client les périmètres vraiment critiques (données stratégiques, fonctions régaliennes, secrets industriels, données de santé), et réserver les solutions numériques de confiance où elles sont pertinentes.
  • Concevoir des architectures réversibles qui combinant le meilleur des hyperscalers, le meilleur des clouds européens et des solutions numériques, avec des plans de sortie documentés, des standards ouverts et une gouvernance des identités et des données maîtrisées par nos clients.

Ce réalisme n’est ni un renoncement, ni un souverainisme naïf. C’est la conviction que la souveraineté numérique ne se gagnera pas contre le marché, mais avec lui. C’est en investissant intelligemment, en misant sur l’excellence et en assumant une souveraineté ouverte que l’Europe pourra peser dans le jeu mondial.

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