En deux mois, WAICO a été créée à Shanghai, Xi Jinping a proposé aux BRICS une communauté d’IA open source et Dong Jun a appelé à écrire des règles de sécurité. Face au schéma public-privé américain étudié par INCYBER, la Chine assemble une architecture de gouvernance mondiale de l’IA concurrente.

Pékin cherche désormais à donner une architecture institutionnelle à son offensive mondiale sur l’IA. Au sommet des BRICS de New Delhi, Xi Jinping a annoncé que la Chine entendait être « pionnière » dans la création d’une communauté BRICS open source pour l’IA : coopération sur les grands modèles, formations et construction d’un « écosystème ouvert ». Xi a aussi invité les BRICS à rejoindre WAICOCréée le 16 juillet à Shanghai par 29 États, la World Artificial Intelligence Cooperation Organization (WAICO) est une organisation intergouvernementale internationale dont le siège se trouve en Chine. Pékin lui assigne notamment la réduction de la fracture de l’IA et le renforcement des capacités du Sud global.

Le dispositif commence ainsi à relier deux niveaux : un écosystème technologique fondé sur les modèles ouverts et une organisation capable d’offrir aux pays du Sud global une charpente institutionnelle, des standards et un forum de gouvernance.

Le 16 septembre, la pression chinoise est encore montée d’un cran. Au Forum de Xiangshan, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, a appelé les États à ouvrir des «dialogues de sécurité » sur l’IA et à renforcer l’évaluation des risques, le partage d’expérience et « l’établissement de règles et de gouvernance ». Le ministère chinois de la Défense résume la ligne de Pékin en appelant à renforcer la gouvernance de sécurité des domaines émergents. L’entrée du chef militaire chinois dans le débat signale une montée en puissance rapide : la gouvernance mondiale de l’IA devient aussi un dossier de sécurité stratégique et de rapport de force entre puissances.

Cette séquence éclaire directement notre enquête sur le ralentissement de la course à l’IA et le risque de cartel public-privé. Nous y montrions comment, aux États-Unis, le ralentissement de la frontière pouvait conduire à une coordination étroite entre pouvoirs publics, grands laboratoires et évaluateurs autour de standards communs, avec en filigrane, la volonté de contrôler la concurrence, notamment chinoise. Pékin construit un autre pôle : diffusion de modèles à poids ouverts, communauté BRICS, WAICO, puis appel à écrire des règles internationales. La rivalité porte désormais autant sur les modèles que sur l’architecture de gouvernance qui fixera les standards mondiaux et sur le cercle d’États et d’entreprises qui les écriront.

Restez informés en temps réel
S'inscrire à
la newsletter
En fournissant votre email vous acceptez de recevoir la newsletter de Incyber et vous avez pris connaissance de notre politique de confidentialité. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien de désabonnement présent dans tous nos emails.
Restez informés en temps réel
S'inscrire à
la newsletter
En fournissant votre email vous acceptez de recevoir la newsletter de Incyber et vous avez pris connaissance de notre politique de confidentialité. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien de désabonnement présent dans tous nos emails.