Nous avons précédemment vu que la subite entente entre les géants américains de l’IA ne devait pas grand-chose au hasard. À supposer que le cartel public-privé qui se dessine aboutisse, il se heurtera à un obstacle de taille : la Chine et les modèles à poids ouverts. Prise entre le marteau américain et l’enclume chinoise, comment l’Europe de l’IA et de la cyber pourra-t-elle tirer son épingle du jeu ?

Le cartel américain face au challenger chinois

Le système se heurte toutefois à une équation simple : ralentir ensemble aux États-Unis ne sert à rien si Pékin utilise le répit pour passer devant.

Washington ralentit, Pékin accélère

Amodei accompagne donc le frein intérieur d’un verrou extérieur : contrôle des puces avancées et des équipements de fabrication, restrictions sur certains accès distants à la puissance de calcul, protection des poids des modèles et lutte contre la distillation, technique par laquelle un acteur tente de reproduire les capacités d’un modèle en l’interrogeant massivement. CATS incorpore lui aussi ce problème en couvrant notamment le vol, la distillation et certains développements profitant à un pays considéré comme adversaire.

La Chine récuse le freinage à l’américaine : le ministère chinois des Affaires étrangères estime que « la peur, la confrontation et la compétition vicieuse » ne peuvent que perturber la gouvernance mondiale de l’IA. Au contraire, Pékin pousse l’intégration de l’IA dans toute son économie, même si les autorités développent parallèlement leurs propres garde-fous. (43)

La proximité technologique rend toute pause américaine délicate : en mars, le Stanford AI Index 2026 ne mesurait plus qu’un écart de 2,7 % entre le meilleur modèle américain et le meilleur chinois, tandis que le CAISI estimait DeepSeek V4 Pro à environ huit mois de la frontière américaine. (44) (45) La rivalité géopolitique suffit donc à compliquer le ralentissement collectif. Elle masque cependant une fracture plus directement structurante pour les utilisateurs.

Modèles fermés contre poids ouverts : l’autre ligne de front

Derrière le duel Washington-Pékin se superpose une autre ligne de front : modèles fermés contre modèles à « poids ouverts ». Les premiers gardent leurs paramètres chez le fournisseur et se consomment surtout par ses services ; les seconds rendent leurs poids téléchargeables, inspectables, modifiables et exécutables sur l’infrastructure choisie par le client, même si le code d’entraînement, les données ou la licence ne sont pas forcément entièrement open source. (46)

Cette architecture ne se gouverne pas de la même façon. Un fournisseur peut retarder, filtrer ou retirer l’accès à un modèle fermé. Une fois les poids publiés, le dentifrice est sorti du tube et ne peut plus y rentrer : Microsoft le reconnaît lui-même dans sa lettre du 24 juillet, qui défend ces modèles pour la concurrence et le contrôle des clients, tout en soulignant que les versions modifiées deviennent difficiles à tracer ou à inverser. Le clivage ne recoupe d’ailleurs pas proprement les frontières nationales : Google, Meta, OpenAI, Nvidia, SpaceX et Mistral figurent aussi parmi les signataires de cette lettre. (46)

La Chine a néanmoins fait de l’ouverture un axe industriel. Son plan du 17 juillet appelle à bâtir des communautés internationales open source et à partager modèles génériques, algorithmes et outils. Les développeurs chinois promeuvent de plus en plus les poids ouverts, là où Anthropic et OpenAI gardent les leurs fermés. (47) (43) Stanford mesurait encore en mars un avantage de 3,3 % du meilleur modèle fermé sur le meilleur modèle ouvert. (44)

C’est très peu au regard de la différence de coût et de la souplesse d’exploitation des uns et des autres : le modèle fermé concentre chez le fournisseur l’accès, les garde-fous et la tarification. Les poids ouverts rendent possible l’hébergement local, l’adaptation et le changement de prestataire. Pour l’Europe, cette marge de manœuvre peut compter davantage au quotidien que le drapeau du laboratoire.

C’est le principal angle mort du pacing. Un système de checkpoints, d’accès contrôlé et de retrait éventuel épouse naturellement l’économie des API fermées. Face à des modèles ouverts, il risque de se transformer en handicap réglementaire. 

Trump peut encore renverser la table

C’est ce qu’a bien identifié Donald Trump. Le 13 septembre, il a estimé à propos des risques liés à l’IA qu’il y avait « beaucoup de forces très négatives qui soulèvent la question alors qu’elles ne devraient pas le faire, et qui évoquent des choses qui ne se produiront pas. » Comme souvent, sa maxime tient en quelques mots : « celui qui gagne l’IA gagne ». (48)

Selon le président américain, toute tentative de limiter cette technologie relevait d’un « complot malsain » et « l’idée que l’IA prenne le contrôle du monde, détruise l’humanité et cause toutes sortes de catastrophes est un canular. » (49)

Le refus présidentiel n’empêche cependant déjà plus la machine de s’ébranler. Le 14 septembre, Mike Johnson, président républicain de la Chambre des représentants, a annoncé vouloir convoquer les dirigeants du secteur pour « une grande réunion », « régler cela tous ensemble dans la même pièce » et en faire une priorité du Congrès.

Kevin Hassett, directeur du National Economic Council, annonce de son côté des réunions prochaines entre responsables de la Maison-Blanche chargés du cyber, de la science et de la technologie, et n’exclut pas une rencontre de Trump avec des parlementaires. Le canal direct existe pourtant déjà : Sam Altman a rencontré Donald Trump en privé, en marge de la convention républicaine de Dallas des 9 et 10 septembre, pour parler d’intelligence artificielle. (49) Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre, réclame parallèlement une action « décisive » pour ralentir le rythme du développement des IA. (50)

Depuis le sommet de l’exécutif, JD Vance formule lui aussi une objection qui est sur toutes les lèvres. Le 14 septembre, le vice-président a dit trouver « un peu étrange » de voir autant d’entreprises d’IA de pointe « venir supplier le gouvernement de les réglementer ». « Cela ressemble un peu à un cheval de Troie », ajoutait-il. (49)

La réplique touche le cœur de notre enquête : si Amodei et Altman pensent réellement devoir freiner, pourquoi leur faut-il une architecture politique permettant à tous les concurrents de freiner avec eux ? Le dilemme du prisonnier fournit une réponse économique. Vance en fournit une autre, moins charitable : quand les leaders d’un marché demandent eux-mêmes au gouvernement d’en écrire les garde-fous, la capture réglementaire devient une hypothèse sérieuse.

En parallèle, à l’approche des élections de mi-mandat, la bataille devient de plus en plus partisane. Barack Obama vient d’exhorter les démocrates à faire de l’intelligence artificielle un sujet majeur de la campagne de 2028 et à préparer un « cadre », pour une discussion publique et une politique mêlant sécurité et économie, si son parti reprenait la Chambre. (51)

Chez les partisans de l’accélération, le soupçon de capture réglementaire monte aussitôt. L’investisseur Mark Kretschmann résume cette lecture dans un post : transformer une technologie de rupture en campagne de peur permettrait ensuite à Washington de décider « qui peut la construire, à quelle vitesse et qui y accède ». (52) De fait, son opinion se trouve confortée par le CATS et le projet Hassabis, puisque ces deux dispositifs proposent précisément de donner à des structures hybrides un pouvoir sur le rythme, les standards ou l’accès au marché.

La Maison-Blanche actuelle a elle-même déjà installé une étrange première brique. Le décret présidentiel Executive Order 14409 du 2 juin crée un référentiel classifié des capacités cyber des modèles avancés et prévoit un dispositif volontaire dans lequel gouvernement et développeurs peuvent déterminer qu’un système appartient aux modèles frontières couverts par le décret. Ils peuvent ensuite sélectionner ensemble des « partenaires de confiance » qui obtiendront un accès précoce. Le décret précise expressément qu’il ne crée aucun régime obligatoire de licence, de préautorisation ou de permis pour publier un modèle. (53)

L’Anneau peut être presque forgé, encore faut-il que Washington accepte de le passer au doigt. Pour l’heure, Trump s’inquiète plus de la Chine que de la fin de l’humanité, CATS dort en commission et Vance voit dans la demande de régulation des industriels un possible « cheval de Troie » alors que les rivalités entre laboratoires restent féroces.

Le processus est engagé. Son succès, lui, est loin d’être acquis.

Mistral et la cyber européenne dans le filet

L’Europe aurait tort d’attendre la fin de la bataille américaine, plus encore de s’en réjouir.

Mistral : l’extraterritorialité sans loi extraterritoriale

De fait, si le CATS Act ne placerait aujourd’hui aucune obligation directe sur Mistral en France, l’extraterritorialité potentielle passe par le marché américain, les processeurs graphiques, le cloud, les financements, les assurances, les marchés publics et demain, peut-être la certification.

Le Standards Body de Hassabis envisage déjà qu’un modèle étranger, ouvert ou fermé, doive satisfaire à son processus s’il veut entrer sur le marché américain. Un acteur européen pourrait donc cumuler demain les lourdes obligations de l’AI Act européen, des évaluations américaines et des dépendances infrastructurelles envers les États-Unis. De plus, pour une entreprise pesant une fraction de Google ou Microsoft, le même coût fixe de conformité ne produit pas le même effet économique. La norme n’a pas besoin d’annoncer son extraterritorialité, le marché et les infrastructures s’en chargent très bien.

Berlin vient d’ailleurs de poser sa propre ligne rouge : arrêter le développement de l’IA n’est « pas une option viable » pour l’Europe, notamment au nom de la souveraineté numérique. Une déclaration qui n’engage à pas grand-chose, aucun modèle européen n’étant aujourd’hui au niveau des tout meilleurs modèles mondiaux. Le gouvernement allemand juge qu’une gouvernance mondiale efficace devra associer les États-Unis et la Chine. (54) L’Europe se retrouve donc prise entre deux impératifs : ne pas décrocher dans la course et ne pas laisser Washington définir seul les règles du freinage.

Les poids ouverts, une marge de manœuvre européenne

L’opposition fermé/ouvert offre toutefois à l’Europe une porte de sortie partielle. Mistral, signataire de la lettre Microsoft en faveur des poids ouverts, héberge depuis le 6 août GLM 5.2 de Z.ai, un modèle chinois à poids ouverts que sa documentation présente comme « open source », servi sans modification par la plateforme française. (55)

Le paradoxe est moins gênant qu’il n’y paraît. Faute de disposer en permanence du meilleur modèle européen, un acteur européen peut au moins héberger des poids étrangers sur une infrastructure choisie, les auditer et, selon leur licence, les adapter ou les remplacer. Avec une API fermée, ce levier reste chez le fournisseur.

Les poids ouverts ne rendent pas l’Europe souveraine par magie : GLM reste chinois, les GPU peuvent rester américains et les chaînes d’outillage étrangères. Ils transforment néanmoins une dépendance difficilement substituable en dépendance plus réversible. Pour une Europe qui part très en retard dans la course à la frontière, c’est une opportunité industrielle autant qu’un sujet de sécurité.

Une cyber à deux vitesses ?

C’est d’autant plus important qu’en Europe, nous avons déjà expérimenté de manière très concrète l’imposition unilatérale de règles par Washington.

Après des négociations avec les fournisseurs américains, l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) vient d’obtenir accès à Claude Mythos 5 d’Anthropic et à GPT-6-Astra d’OpenAI afin de les tester pour leurs capacités cyber. (56) On se souvient que le 12 juin dernier, le gouvernement américain avait ordonné à Anthropic de suspendre Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, y compris ses propres salariés étrangers. Anthropic avait dû couper temporairement les modèles à tous ses clients faute de moyen immédiat de vérifier les nationalités. Les contrôles ont ensuite été levés pour Fable et Mythos 5, avec réouverture progressive. (57)

Entre-temps, Anthropic a déjà déplacé la frontière. Mythos 5.1, lancé le 1er septembre, partage le même modèle de base que Fable 5.1 avec des garde-fous plus permissifs pour certains travaux de cybersécurité et de sciences du vivant. L’accès reste actuellement réservé à un petit groupe d’organisations américaines vérifiées, Anthropic indiquant travailler avec le gouvernement américain à son élargissement. (58)

Autrement dit, Bruxelles vient péniblement d’obtenir l’accès à la meilleure IA d’hier alors que les Américains travaillent déjà sur celle de demain. Le « fief cognitif » d’Anthropic et OpenAI avait déjà montré comment l’accès aux capacités les plus puissantes peut dépendre du pays, du fournisseur et du degré de confiance accordé au client. L’expérience de l’ENISA donne maintenant une matérialité supplémentaire à cette question.

Ajoutons l’Executive Order 14409 et ses partenaires de confiance choisis par l’État avec les développeurs. Un futur régime public-privé pourrait peser à deux endroits : sur qui développe les capacités les plus avancées et sur qui les reçoit en premier.

Pour la cybersécurité, ce décalage est loin d’être anecdotique. Quelques mois d’avance avec un modèle capable d’auditer des millions de lignes de code, de rechercher automatiquement des vulnérabilités ou de renforcer un système défensif constituent un avantage stratégique.

Bruxelles commence précisément à construire sa réponse. Le plan européen sur les modèles avancés d’IA en cybersécurité prévoit des capacités européennes de test et d’évaluation et cherche à réduire la dépendance envers des fournisseurs étrangers susceptibles de restreindre l’accès à leurs meilleurs modèles.

La question française devient très concrète : voulons-nous dépendre de Washington et de quelques laboratoires américains pour savoir quels cyberdéfenseurs européens méritent l’accès aux outils les plus puissants ? Mistral, la puissance de calcul souveraine et les capacités indépendantes d’évaluation appartiennent désormais au même dossier de défense et de souveraineté numérique.

Le cartel qui invite l’État à sa table

Alors, cartel ? Au sens opératif, oui : les contours d’un cartel public-privé de l’IA frontière apparaissent déjà. Les principaux concurrents réclament la possibilité de coordonner leur vitesse, le Congrès étudie l’exemption antitrust nécessaire et l’industrie possède déjà son club de coopération. Des ONG et groupes de plaidoyer produisent l’expertise, financent des campagnes et soutiennent les textes. Les évaluateurs recrutent dans le même vivier que les entreprises qu’ils doivent surveiller et dépendent de celles-ci pour voir derrière le rideau. Hassabis propose enfin l’organisme hybride qui pourrait transformer les standards en conditions d’accès au marché.

Inutile de convoquer un complot ourdi dans l’ombre pour expliquer cette convergence, chacun arrive simplement avec son intérêt. Les chercheurs veulent limiter un risque qu’ils jugent catastrophique. Les laboratoires veulent sortir du dilemme du prisonnier sans offrir la pole position à leurs concurrents. Les financiers veulent davantage de prévisibilité sur des centaines de milliards d’infrastructures. Washington veut conserver son avance sur Pékin. Les ONG veulent des règles. Les élus veulent répondre à une peur devenue politiquement explosive.

Le résultat possible est le même : un marché dont les principaux acteurs participeraient, avec l’État et des contrôleurs issus de leur écosystème, à la définition du rythme auquel eux-mêmes et leurs concurrents pourront avancer.

Pourtant, rien n’est encore joué. Trump peut bloquer la logique du ralentissement, CATS peut mourir au Congrès et le modèle plus étatique de Sanders peut gagner du terrain. Les laboratoires peuvent recommencer à se battre dès qu’un sacrifice commercial deviendra trop coûteux. La Chine n’a aucune raison d’accepter les mêmes règles.

La construction, en revanche, se déroule désormais au grand jour : le cartel classique contourne le régulateur. Celui qui se dessine ici lui demande une chaise à la table.

Comprendre le « pacing » en sept questions

Le pacing proposé par Dario Amodei consiste à ralentir certains franchissements de capacités pour laisser aux mécanismes d’alignement, d’évaluation et de sécurité le temps de suivre. Les entraînements continueraient. Son projet ajoute des évaluateurs indépendants, des points de contrôle et une coordination entre entreprises.

Le CATS Act légaliserait-il un cartel ?

Le CATS Act créerait une exemption antitrust ciblée pour certaines coopérations liées à des risques de sécurité. Deux entreprises ou davantage pourraient notamment convenir de retarder ou limiter développement, entraînement, tests ou déploiement, après notification au ministère de la Justice. Fixation des prix, partage de marché et autres comportements anticoncurrentiels classiques resteraient hors du champ protégé.

Qui contrôle les contrôleurs ?

METR possède une autonomie juridique, méthodologique et financière significative et affirme ne pas recevoir de financement des laboratoires frontières. Son travail dépend toutefois de leur coopération pour accéder aux systèmes internes, informations non publiques et ressources de calcul.

Une seconde dépendance vient du facteur humain : le vivier d’experts capable d’évaluer ces modèles est étroit. Les évaluateurs sont souvent d’anciens employés des labos audités… qui peuvent redevenir demain partenaires ou recruteurs. Cette circulation crée une incitation structurelle à ne pas se brouiller avec les principaux laboratoires, même si rien ne prouve qu’elle ait pesé sur les conclusions des chercheurs de METR.

Pourquoi les géants de l’IA ont-ils intérêt à ralentir ensemble ?

Un laboratoire qui ralentit seul peut être dépassé. Une coordination vérifiable réduit ce risque : chacun accepte plus facilement de lever le pied s’il sait que ses principaux concurrents doivent faire de même. Le système apporte aussi davantage de visibilité aux investissements gigantesques en datacenters, énergie et processeurs, tandis que les coûts de certification sont plus faciles à absorber pour les groupes déjà dominants.

Un cartel public-privé existe-t-il déjà aux États-Unis ?

Plusieurs briques d’un cartel public-privé existent déjà : Frontier Model Forum, dispositifs d’évaluation, CAISI/NIST, Artificial Intelligence Security Center de la NSA et coopération public-privé autour des modèles cyber. CATS reste toutefois un projet de loi et le Standards Body de Hassabis une proposition. Le terme « cartel public-privé » décrit donc ici la direction institutionnelle et le mécanisme de coordination qui se dessinent, pas une organisation juridique déjà constituée.

Mistral et la cyber européenne pourraient-ils être touchés ?

Oui, surtout de facto. Des standards américains peuvent s’imposer aux acteurs étrangers s’ils conditionnent l’accès au marché américain, aux infrastructures cloud, aux processeurs, aux assurances, aux financements ou aux modèles cyber les plus performants. L’affaire Mythos montre déjà que l’accès aux capacités de pointe peut être distribué par nationalité et par cercle de confiance. Les modèles à poids ouverts offrent cependant une voie de contournement partiel : ils peuvent être hébergés et évalués sur une infrastructure choisie, ce qui réduit le verrouillage à une API étrangère sans rendre pour autant toute la chaîne technologique souveraine.

Que change l’opposition entre modèles fermés et modèles à poids ouverts ?

Elle change d’abord la possibilité même de ralentir. Un fournisseur peut filtrer, retarder ou retirer l’accès à un modèle fermé ; des poids déjà publiés ne peuvent pratiquement plus être rappelés, et « poids ouverts » ne signifie pas forcément que le code, les données ou la licence sont eux aussi ouverts. Les checkpoints du pacing s’appliquent donc plus facilement aux API fermées. Pour l’Europe, les poids ouverts offrent en contrepartie une marge de manœuvre : hébergement local, audit, adaptation et changement de prestataire, au prix d’un contrôle plus difficile des copies et des usages.

Sources et références

(1) Dario Amodei, We Must Pace the Frontier, septembre 2026

(2) Sam Altman, publication approuvant le pacing, 12 septembre 2026

(3) EFE, soutien d’Elon Musk à Dario Amodei, 12 septembre 2026

(4) Axios, « AI’s most powerful CEOs hit the brakes », 13 septembre 2026

(5) OpenAI, The Hugging Face incident and the road ahead, août 2026

(6) Frontier Model Forum, dispositif de partage d’informations sur les risques de l’IA frontière

(7) Law Reform Institute, travaux sur l’antitrust et la coopération entre laboratoires d’IA

(8) METR, Frontier Risk Report (February to March 2026), 19 mai 2026

(9) Reuters, « Microsoft drafts code of conduct to keep its AI under human control », 14 septembre 2026

(10) Axios, projet de Frontier AI Standards Body de Demis Hassabis, 14 juillet 2026

(11) Congrès américain, S.5105/H.R.9914, Collaboration on Adversarial Threats and Security Risks Act, 23 juillet 2026

(12) Pacing the Frontier, déclaration de salariés et dirigeants de laboratoires d’IA, juillet 2026

(13) Bernie Sanders et Greg Casar, Ban Artificial Superintelligence Act, 3 septembre 2026

(14) Reuters, « US Senate negotiators consider requiring AI firms to mitigate known major risks », 11 septembre 2026

(15) OpenAI, « The AI policy window is open. We need to act », 9 septembre 2026

(16) Wired, « OpenAI Wants to Know if an AI Industry Slowdown Would Even Be Legal », 10 septembre 2026

(17) Jacob Coxon, thread annonçant sa démission, 8 septembre 2026

(18) The Washington Post, enquête sur la préparation et l’amplification du message de Jacob Coxon, 10 septembre 2026

(19) Le Monde, article sur l’ampleur prise par le débat autour de l’« AIpocalypse », 11 septembre 2026

(20) Axios, réactions du Congrès américain à l’affaire Coxon, septembre 2026

(21) Bernie Sanders, réaction au message de Jacob Coxon, septembre 2026

(22) Sénateur Ruben Gallego, demande de création d’une commission spéciale du Sénat sur l’IA, 9 septembre 2026

(23) Anthropic, levée de fonds de série A menée par Jaan Tallinn, 28 mai 2021

(24) Survival and Flourishing Fund, base de données des subventions

(25) Federal Election Commission, The AI Policy Network Inc. AIPN PAC Inc., cycle 2025-2026

(26) METR, biographie de Beth Barnes

(27) OpenAI, Paul Christiano joins OpenAI Foundation Board, 9 septembre 2026

(28) Cour suprême des États-Unis, National Society of Professional Engineers v. United States, 1978

(29) Sénateur Adam Schiff, présentation du CATS Act et coalition de soutien, 23 juillet 2026

(30) National Security Agency, Artificial Intelligence Security Center

(31) Cour suprême des États-Unis, Allied Tube & Conduit Corp. v. Indian Head, 1988

(32) Le Dilemme du prisonnier

(33) Reuters, dépenses de calcul projetées d’OpenAI jusqu’en 2030, 20 février 2026

(34) Financial Times, résultats d’exploitation ajustés d’Anthropic, septembre 2026

(35) Reuters, projet d’introduction en Bourse d’Anthropic, 11 septembre 2026

(36) Reuters, baisse mondiale des valeurs liées à l’IA après les appels au ralentissement, 14 septembre 2026

(37) Reuters, Sam Altman écarte une introduction en Bourse d’OpenAI en 2026, 12 septembre 2026

(38) Trump minimise les inquiétudes concernant la sécurité de l’IA et affirme que les États-Unis disposent déjà d’outils pour contrôler le secteur

(39) NVIDIA Corporation, Form 10-Q, trimestre clos le 26 juillet 2026

(40) Reuters Breakingviews, financement par la dette des infrastructures d’IA, 8 septembre 2026

(41) OpenAI, réponse au Department of Energy sur le financement des infrastructures d’IA

(42) World Economic Forum, Stakeholder Capitalism: A Manifesto for a Cohesive and Sustainable World, 14 janvier 2020

(43) Reuters, « How China is preparing for the risk of AI escaping human control », 14 septembre 2026

(44) Stanford Institute for Human-Centered Artificial Intelligence, 2026 AI Index Report

(45) National Institute of Standards and Technology, CAISI, évaluation de DeepSeek V4 Pro, mai 2026

(46) Microsoft, « Open Weights and American AI Leadership », 24 juillet 2026

(47) National Development and Reform Commission, « AI Cooperation and Development Action Plan », 17 juillet 2026

(48) Reuters, déclarations de Donald Trump sur les risques de l’IA, 13 septembre 2026

(49) Associated Press, « Trump calls AI risks a « hoax, » says there is a « SICK conspiracy » against AI and data centers », 14 septembre 2026

(50) Associated Press, réactions de Donald Trump, Mike Johnson et de la Maison-Blanche aux appels au ralentissement, 14 septembre 2026

(51) Reuters, Barack Obama appelle les démocrates à préparer un cadre politique sur l’IA, 13 septembre 2026

(52) Mark Kretschmann, publication sur le risque de capture réglementaire, septembre 2026

(53) Maison-Blanche, Executive Order 14409, Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security, 2 juin 2026

(54) Reuters, l’Allemagne juge qu’un arrêt du développement de l’IA n’est pas viable et appelle à associer les États-Unis et la Chine, 14 septembre 2026

(55) Mistral AI, « Z.ai GLM 5.2 », 6 août 2026

(56) Reuters, accès de l’ENISA à Mythos 5 et GPT-6-Astra, 10 septembre 2026

(57) Anthropic, déclaration sur la directive américaine suspendant l’accès de ressortissants étrangers à Fable 5 et Mythos 5, 12 juin 2026

(58) Anthropic, Claude Fable 5.1 et Claude Mythos 5.1, septembre 2026

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