Le piratage du système d’information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) remonte à juin et juillet 2026, mais son ampleur n’a été établie qu’après les revendications d’un acteur malveillant en août. Quelque 678 000 particuliers et professionnels sont concernés. Sébastien Lecornu a présidé lundi 17 août, une cellule interministérielle de crise consacrée à l’incident.

Le gouvernement veut désormais faire le point sur les conséquences du piratage et la sécurisation des systèmes de l’administration fiscale. La réunion doit notamment permettre de coordonner l’information individuelle des personnes touchées et d’examiner l’avancement du plan de renforcement de la cybersécurité de l’État engagé au printemps.

Selon Bercy, les intrusions ont reposé sur l’usurpation des identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un tiers habilité. Les accès frauduleux avaient été interrompus après leur détection. En revanche, les contrôles menés à ce moment-là n’avaient pas permis d’identifier l’exfiltration de données, que le ministère attribue à la sophistication de l’attaque.

Les informations consultées ou extraites comprennent notamment le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le taux de prélèvement à la source. Des données cadastrales, comme les adresses et les surfaces de biens immobiliers, ont également été consultées. Pour les entreprises, des informations telles que la raison sociale ou le numéro SIREN sont concernées. Les espaces personnels et professionnels sur impots.gouv.fr n’ont en revanche pas été compromis, précise la DGFiP, pas plus que les identifiants et mots de passe des contribuables.

La CNIL a été saisie et l’ANSSI participe aux investigations. Le parquet de Paris a également ouvert une enquête, notamment pour extraction frauduleuse de données et association de malfaiteurs.

Sébastien Lecornu a par ailleurs demandé un audit de la sécurisation des systèmes de la DGFiP, dont les conclusions opérationnelles sont attendues en septembre. L’affaire intervient alors que le gouvernement avait annoncé, fin avril, un plan de renforcement de la cybersécurité de l’État comprenant 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires et l’objectif de consacrer, dès 2027, 5 % du budget numérique de chaque ministère à la cybersécurité.

Ce nouvel incident intervient quelques mois après des accès frauduleux au fichier national des comptes bancaires Ficoba, déjà rendus possibles par l’usurpation d’identifiants.

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