Le 16 juin, la conférence France Quantum 2026 a réuni l’écosystème français du quantique, des start-up aux grands groupes industriels en passant par les chercheurs et les acteurs publics. À cette occasion, Samih Souissi, chef de cabinet de l’ANSSI, a annoncé que l’agence ne certifierait plus, à partir de 2027, les produits de sécurité ne disposant pas de mécanismes cryptographiques résistants aux futures capacités des ordinateurs quantiques. D’ici 2030, les organisations concernées devront privilégier exclusivement des solutions dites quantum-safe.
Cette annonce témoigne d’un changement de paradigme : le Q-Day, longtemps cantonné aux scénarios prospectifs, s’impose progressivement comme une hypothèse prise au sérieux par les autorités de cybersécurité. Face à cette menace potentielle, la France choisit d’anticiper plutôt que de subir.
L’enjeu dépasse alors le cadre purement technique. Les certifications de l’ANSSI conditionnent le déploiement de nombreux produits au sein des administrations françaises et des opérateurs d’importance vitale. Cette évolution constitue donc un puissant levier réglementaire pour accélérer la transition vers la cryptographie post-quantique et répondre au risque de type harvest now, decrypt later, qui consiste pour les attaquants à collecter aujourd’hui des données chiffrées afin de les déchiffrer ultérieurement grâce à des capacités quantiques plus avancées.
Une question centrale s’impose cependant : qu’est-ce qu’un produit réellement « quantum-safe » ? Si les nouveaux algorithmes post-quantiques constituent une première réponse, plusieurs experts soulignent que la résilience quantique dépend de l’ensemble de la chaîne de confiance numérique, des certificats aux mécanismes d’authentification en passant par la gestion des clés et les infrastructures de confiance.
Au-delà de la seule migration cryptographique, cette décision de l’ANSSI pourrait contribuer à façonner les futurs standards européens de confiance numérique à l’ère post-quantique.
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