Le troisième trilogue sur l’euro numérique n’a rien tranché et Bruxelles continue de négocier. Derrière les plafonds et les frais liée à la monnaie de banque centrale se joue une question au cœur de notre enquête : qui pourra régler les paramètres de la machine ?

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour l’euro numérique. Le trilogue européen du 30 septembre n’a débouché sur aucune avancée majeure [1]. Deux jours après la troisième réunion politique entre Parlement européen et Conseil consacré au sujet, le groupe de travail du Conseil a donc remis le dossier sur la table le 2 octobre [2]. Le sujet semble patiner, puisqu’aucun nouveau compromis n’a depuis été rendu public et qu’une nouvelle réunion est déjà programmée le 14 octobre.

Lors du trilogue du 30 septembre, les discussions se sont notamment concentrées sur les frais facturés aux commerçants et les plafonds de détention. Sur ce dernier point, le désaccord illustre presque grandeur nature les conclusions de notre enquête. Le Parlement prévoit que la Commission fixe un plafond par acte délégué, sur recommandation de la BCE. Le Conseil préfère laisser la BCE déterminer les limites effectives, mais à l’intérieur d’un plafond général décidé par les États.

Le débat ne porte donc plus seulement sur le montant de ce plafond, les fameux 3 000 euros régulièrement évoqués et qui ne constituent toujours pas un seuil définitif, mais sur celui qui contrôlera ce paramètre. L’architecture peut techniquement appliquer automatiquement une limite et le politique négocie encore qui pourra la fixer.

Même bataille derrière les frais. Le Conseil propose de les indexer dans un premier temps sur ceux des cartes de débit, éventuellement pendant dix ans, avant de passer à un calcul fondé sur le coût réel du paiement. Le Parlement veut ramener cette transition à cinq ans et n’autoriser le nouveau calcul que s’il réduit la facture des commerçants.

C’est précisément l’un des enseignements de notre enquête sur l’euro numérique : entre ce que l’infrastructure peut faire et ce qu’elle fera effectivement s’intercalent des garde-fous juridiques, mais aussi des choix politiques modifiables. Plafonds, frais, données ou mécanismes antifraude ne sont pas gravés dans le marbre du code, mais de simples variables. Après trois trilogues, Bruxelles négocie toujours qui pourra les changer.

Sources et références

[1] Agence Europe, 30 septembre 2026 – « Euro numérique –PE et Conseil de l’UE confrontent leurs positions sur le modèle de compensation et les plafonds de détention »

https://agenceurope.eu/fr/bulletin/article/13949/22/euro-numerique-pe-et-conseil-de-lue-confrontent-leurs-positions-sur-le-modele-de-compensation-et-les-plafonds-de-detention

[2] Conseil de l’Union européenne, 2 octobre 2026 – Working Party on Financial Services and the Banking Union (Digital Euro)

https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/mpo/2026/10/working-party-on-financial-services-and-the-banking-union-banking-union-%28371592%29/

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